Bienveillance, encore et toujours.
Des termes à la mode dans le langage courant et dans celui de l’entreprise, il y en a des tas. Mais celui qui me met hors de moi c’est la bienveillance.
Mise à toutes les sauces, elle devient banalisée, ordinaire. Une coquille vide, un (magnifique) terme vidé de son sens.
Car la bienveillance c’est agir en tenant compte de l’autre avec sincérité. L’étymologie est simple et évidente : c’est veiller au bien-être de l’autre. C’est être en capacité de se montrer indulgent, gentil et attentionné envers autrui d’une manière désintéressée et compréhensive.
Or, dans bien des cas elle n’est que de façade et tente tant bien que mal de cacher les intentions cachées (l’hypocrisie), les injonctions paradoxales (la maltraitance), le non-traitement des situations tendues (la lâcheté). Et c’est encore pire quand elle fait l’objet d’une communication institutionnelle, la voilà devenir obligatoire !
Alors d’accord le manager a des missions de gestion, de fonctionnement et de performance. Mais s’il veut emmener son équipe loin et s’inscrire dans la performance durable, alors la bienveillance réelle prend tout son sens.
Car la bienveillance est la cible, pas l’affiche. Il n’y a pas de déclaration de bienveillance performative (1). Il n’y a que des actes qui la construisent. Un peu comme la confiance. Vous imaginez quelqu’un arriver en face de vous et affirmer : « vous me faites confiance » ?.
Elle se constate, elle ne se décrète pas. Elle sera inspirée non pas par la déclaration de la direction mais par son comportement exemplaire (2), inspirant et cohérent.
(1) a contrario la phrase dite par le maire « Je vous déclare unis par les liens du mariage » est performative : l’énoncer créé la réalité.
(2) voir post à ce sujet
